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Mon histoire capillaire (1/3)

L’Histoire d’une aliénation

Je suis une jeune femme qui a découvert et qui continue à découvrir ce que j’appelle « la magie du cheveu crépu » .

Je vais un peu (beaucoup!)  raconter mon histoire et comment j’en suis arrivée à faire ce blog. Tout a commencé…en maternelle! (bon oui ça fait loin mais c’est la vérité, l’histoire commence il y a une trentaine d’année en maternelle , accrochez vous ! ^^)

J’étais dans une école fréquentée principalement par des enfants Caucasiens et à l’âge de 3 -4 ans j’avais déjà une image négative des cheveux crépus. Je ne sais pas d’où cela m’est venu, mais le complexe avait commencé très jeune.

Petite fille noire avec des couettes

Je me rappelle d’une fois où ma mère m’avait coiffée avant de partir à l’école et durant la récréation mes cheveux se sont défaits. J’avais toujours des couettes ou des nattes collées pour aller à l’école et là je me retrouvais cheveux lâchés au milieu de la cour de récréation…et j’avais honte!

J’ai demandé à une petite camarade (marocaine!) de m’aider et elle a tenté de coucher mes cheveux . Alors évidemment elle n’y arrivait pas et mes cheveux dressés ainsi sur ma tête la faisaient rire. Mais pas moi!
C’est mon premier souvenir liés à mes cheveux crépus et c’est un souvenir négatif. Preuve que la construction de notre image (et ici de l’image négative que l’on a des cheveux crépus) se fait dès la toute petite enfance et ce, inconsciemment…

Le rôle de la mère

J’imagine , vu qu’il n’y avait pas particulièrement de Noirs dans ma ville, que ma mère a eu un effet déterminant sur ma façon d’appréhender les cheveux crépus. Dans les années 90, Il n’y avait pas beaucoup de stars françaises noires ET portant les cheveux crépus dans les médias. Ma mère était quasiment ma seule référence en terme d’image.
Elle portait des perruques tous les jours. Ses cheveux étaient crépus sous ses perruques mais extrêmement courts alors qu’elle ne les coupait jamais, et il y avait un trou qui se formait au sommet de sa tête.
Sur ses photos de jeunesse elle me montrait ses cheveux , lissés au peigne chaud, très courts (5-6 cm).
Elle me disait souvent que j’avais de beaux cheveux alors que les siens n’avaient jamais poussés. Ceci dit , même si elle me disait et répétait que j’avais de beaux cheveux, les scènes de coiffage, démêlage, elles, n’étaient pas très belles à voir. Je ne pleurais pas souvent, mais j’avais mal quand même. Une fois par semaine , après mon shampoing (à l’époque Longueurs et Pointes et DOP!!!) ma mère prenait un peigne extra FIN avec un pot de vaseline ou de mousse coiffante pour cheveux Caucasiens, pour démêler mes cheveux puis me tresser. Quand elle ne me tressait pas j’avais droit à plusieurs couettes sur la tête avec des chouchous à boules que je détestais au plus haut point! D’ailleurs ces couettes étaient beaucoup trop serrées sur les tempes .

Enfant tempes dégarnies
Mes tempes ressemblaient à cela….

Les autres enfants se moquaient de moi surtout quand l’expression « avoir les boules « a commencé à être à la mode -_____-.  Mais revenons en au coiffage. Mes cheveux avaient beau être graissés le peigne faisait un horrible bruit de « scrrrrratch » en passant dans mes cheveux et cela faisait mal!! Beaucoup de cheveux restaient sur le peigne!! Ma mère semblait s’impatienter lors du coiffage, qui semblait aussi désagréable pour elle que pour moi. Elle me répétait: » tu as beaucoup de cheveux » , « ça me donne du travail », « je suis fatiguée », « tes cheveux sont trop fins » et elle me donnait des coups de peigne si je bougeais trop (alors que j’essayais justement de rester fixe pour que ça fasse moins mal!)

L’adolescence

Vers l’âge de 12 ans j’ai commencé à démêler mes cheveux moi même . C’est l’âge où j’ai commencé à avoir des pellicules également. Mes parents m’achetaient donc du Head&Shoulders (hmmm des SLS!) Inutile de dire qu’après mon shampoing il n’était pas question d’après-shampoing, de masque ou d’huile! Il s’agissait plutôt d’un  séchage au sèche-cheveux sur air chaud (pour que ça aille plus vite) suivi d’un démêlage au peigne fin.
Evidemment totalement inefficace.

Peigne fin
N’utilisez jamais cela pour démêler les cheveux crépus

Ce peigne ultra perfectionné est constitué d’une partie « large » et d’une partie fine. Je devais tout d’abord passer la rangée la plus large dans mes cheveux puis ensuite la fine et si mes cheveux passaient dans la rangée fine alors ma mère considérait qu’ils étaient bien démêlés, ce qui évidemment n’arrivait jamais étant donné la densité de mes cheveux .
Quand j’ai pris le relais , j’ai compris intuitivement que mes cheveux se démêlaient mieux quand ils étaient mouillés . J’ai donc commencé à faire cela juste après le shampoing avec les cheveux dégoulinants d’eau et j’ai arrêté le sèche-cheveux.
J’enviais mes copines d’école, Caucasiennes , qui avaient de longs cheveux soyeux, qui bougeaient au vent quand elle sautaient à la corde. Je mettais une serviette sur ma tête pour faire le « secouement de tête »  à la L’Oréal devant mon miroir. Je voyais bien que mes cheveux étaient très courts et rêches. Il touchaient à peine mes sourcils et le bout de mes oreilles.

Je me rappelle un jour qu’une petite fille Ivorienne (avec des rajouts pour la première fois) m’a dit dans le car scolaire: « Moi j’ai de longs cheveux et toi tu es ridicule avec tes petits cheveux!  »  

C’est à ce moment là que j’ai commencé à vouloir porter moi aussi des faux cheveux. J’accompagnais ma mère à Paris pour l’achat de ses perruques et devinez où nous allions?
Pour le savoir rendez vous dans la suite de mon histoire capillaire.

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